CASE : Ludiane de Brocéliande, dans le rôle de Déborah

Poète engagée qui ne laisse personne indifférent, elle a reçu deux Prix littéraires dont un pour son roman : « Le syndrome de Thaler ». Elle s’exprime actuellement dans le 7ème art avec passion. Actrice cinéma, courts et longs métrages, publicités ou films institutionnels, elle a la capacité d’entrer dans la peau du personnage par le biais des émotions.

  • Comment passe t’on de l’écriture à la scène ?

Le plus naturellement du monde. Ecrire, c’est plonger dans l’univers émotionnel. En poésie comme en prose, je me fais des films dans ma tête avant de les coucher sur papier. Ils sont toujours très forts. Jamais mièvres. C’est la vie, la mort aussi. La scène est venue s’imposer à moi pour me rendre libre de pouvoir exprimer avec toutes les fibres de mon corps ce que mon âme a si souvent dit par la plume.

  • Quelles sont les similitudes entre les deux disciplines ?

Elles sont nombreuses ! La prise de risque … ! La poésie engagée me met à nu. J’expose mon âme, la lumière, les ténèbres, mes déchirures, mes coups de coeur, mes coups de gueule aussi. L’acteur prend des risques. Il s’expose tout entier, se donne. L’acteur et l’écrivain naviguent sur l’océan de l’émotionnel mais pas de la même façon car l’écrivain est seul face à lui-même tandis que l’acteur est dirigé et travaille en équipe. 

  • Qu’est ce qui vous plaît dans l’exercice de l’acting ?

Le travail des émotions, le partage, l’interaction entre les acteurs mais aussi celle que nous avons avec tous les protagonistes du métier comme tous ces gens de l’ombre dont on parle si peu. Je pense ici aux coiffeurs et maquilleurs, aux techniciens, aux producteurs, régisseurs … Sur un plateau, on fait de belles rencontres qui permettent encore de croire que ce monde n’est pas complètement pourri.

  • Qui est Déborah ? Pourquoi interpréter ce rôle ?

Deborah est une écorchée vive. Chirurgienne cardiologue, chef de bloc opératoire. Le coeur, c’est toute sa vie. Elle a perdu son frère jumeauatteint d’une malformation cardiaque congénitale à l’âge de 7 ans. Ça l’a brisée. Elle s’est jurée de sauver les autres à défaut d’avoir pu le faire pour lui. Stérile, elle souffre de ne pouvoir combler les attentes de Marc. Elle ne supporte pas sa voisine ni son attitude « Barbie Girl » non par jalousie, mais parce qu’elle craint par-dessus de voir David malheureux. Il est son premier transplanté cardiaque ce qui fait de leur relation quelque chose de très fort. Lorsque Jérôme Campion m’a proposé ce rôle, j’ai été emballée par la richesse de ce personnage quelque peu ambivalent. Deborah est une forte/faible femme qui me ressemble probablement, quelque part.

  • Pourquoi aller voir Case ? 

Pour ne pas mourir idiot ! (Rires). Plus sérieusement … « Case » est tout, sauf banal. Un court-métrage en marge de l’attendu, du commun, du frelaté. Les acteurs sont une bande de potes et Jérôme Campion a su parvenir à canaliser nos énergies avec respect et rigueur.  Nous nous sommes bien amusés, le spectateur ressentira sans aucun doute cette cohérence, cette complicité à l’écran. Case fait déjà parler de lui et ceux qui ne l’auront pas vu ne comprendront jamais pourquoi. 


By Lola Dubrunfaut

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